Vous pensez que les échanges décentralisés sont libres, sans frontières, sans censure ? dYdX vous montre le contraire. Ce nom qui résonne comme un symbole de la finance décentralisée (DeFi) impose en réalité des restrictions géographiques strictes, comme une banque traditionnelle. Et pourtant, il se présente comme une plateforme entièrement décentralisée. Comment une plateforme qui prétend éliminer les intermédiaires peut-elle bloquer des utilisateurs en fonction de leur pays ? La réponse révèle une vérité inconfortable : même les projets les plus « décentralisés » peuvent être contrôlés par des entités centralisées.
Les pays interdits sur dYdX
Si vous vivez aux États-Unis, au Royaume-Uni, au Canada, en Iran, à Cuba, en Corée du Nord, en Syrie, en Birmanie, en Crimée, ou dans les régions de Donetsk ou Louhansk, vous ne pouvez pas utiliser dYdX. Point final. Ces restrictions ne sont pas un accident. Elles sont écrites dans les conditions d’utilisation, et elles sont activement appliquées. La liste va plus loin : l’Irak, la Libye, le Mali, la République démocratique du Congo, la Côte d’Ivoire, le Nicaragua, la Somalie, le Soudan, le Yémen et le Zimbabwe sont aussi bloqués. Tous ces pays sont désignés par les sanctions américaines ou internationales, principalement par l’Office des contrôles des actifs étrangers (OFAC) du Trésor américain.
Mais attention : certains pays souvent bloqués sur d’autres plateformes sont accessibles sur dYdX. La Chine, la Russie, la Corée du Sud, le Japon et le Vietnam peuvent y accéder. Ce n’est pas une erreur. C’est une stratégie. dYdX ne bloque pas tous les pays « à risque » - seulement ceux où la pression réglementaire est la plus forte ou où les sanctions sont les plus strictes. Cela montre que les restrictions ne sont pas basées sur la sécurité technique, mais sur la conformité juridique.
Comment dYdX bloque les utilisateurs
Le système de blocage n’est pas subtil. Si vous essayez d’accéder à dYdX depuis un pays interdit, votre portefeuille connecté est immédiatement identifié. La plateforme vous met en mode « fermeture uniquement » (close-only mode). Dans cet état, vous ne pouvez plus :
- Déposer de nouveaux fonds
- Ouvrir de nouvelles positions
- Effectuer de transferts
Vous ne pouvez que fermer vos positions existantes ou les réduire. C’est comme si on vous disait : « Tu peux partir, mais tu ne peux pas entrer. » Si vous restez dans ce mode pendant sept jours consécutifs, votre compte est automatiquement bloqué. À ce stade, vous ne pouvez plus voir votre historique de trading, accéder à vos sous-comptes, ni même retirer vos fonds via l’interface. La seule chose que vous pouvez faire : exporter votre phrase de récupération secrète. Et même cela, c’est un dernier recours - pas une solution.
Ce n’est pas une erreur technique. C’est un mécanisme de contrôle centralisé. Il n’existe pas dans un vrai échange décentralisé. Dans un protocole vraiment décentralisé, personne ne peut décider qui peut ou ne peut pas trader. Les transactions sont publiques, immuables, et ne dépendent d’aucun serveur ou entreprise. dYdX, lui, dépend d’un serveur centralisé qui décide qui a le droit de trader - et qui n’en a pas.
Le paradoxe de la décentralisation
dYdX affirme être décentralisé. Mais il n’est pas entièrement décentralisé. Il y a une séparation claire entre ce qui est sur la blockchain et ce qui est hors blockchain. La partie trading - les ordres, les liquidations, les contrats - est exécutée sur la blockchain via le protocole dYdX. C’est la partie « décentralisée ». Mais l’interface utilisateur, le site web dydx.trade, les systèmes de vérification géographique, les politiques de conformité, et même la gestion des utilisateurs sont gérés par dYdX Operations Services Ltd., une entité basée à Londres, et par dYdX Trading Inc., basée à New York.
La dYdX Foundation, basée à Zug, en Suisse, a lancé le jeton DYDX. C’est une organisation légale, avec des dirigeants, des employés, et des obligations légales. Ces entités existent pour répondre aux régulateurs. Elles permettent à dYdX de dire : « Nous sommes conformes. » Mais elles brisent le rêve de la décentralisation totale. Si une entreprise peut fermer votre compte parce que vous habitez à Toronto, ce n’est pas de la décentralisation. C’est de la régulation avec un masque blockchain.
La blockchain permet des transactions sans confiance. Mais dYdX exige une confiance absolue en son équipe, en ses politiques, et en ses décisions de blocage. C’est un paradoxe : vous utilisez une technologie qui élimine les intermédiaires… pour vous connecter à un intermédiaire qui décide de votre accès.
Les raisons légales derrière les restrictions
Les restrictions ne sont pas arbitraires. Elles viennent de lois américaines. Le Bank Secrecy Act, les sanctions de l’OFAC, les règles AML (Anti-Money Laundering) et CTF (Counter-Terrorism Financing) obligent les entreprises financières - même celles qui utilisent la blockchain - à vérifier l’identité et la localisation de leurs utilisateurs. dYdX ne veut pas être sanctionnée. Elle ne veut pas être bloquée par les banques américaines. Elle ne veut pas être poursuivie pour avoir permis à des individus sous sanctions de trader.
Les règles sont claires : vous ne pouvez pas être un citoyen, un résident, ou une entité légale d’un pays sanctionné. Vous ne pouvez pas être sur une liste d’individus interdits. Vous ne pouvez pas avoir l’intention de trader avec une personne ou une entité sanctionnée. Si vous enfreignez ces règles, même par accident, dYdX est tenue de vous bloquer. Pour elle, c’est une question de survie. Pas de choix moral.
Et ce n’est pas unique à dYdX. Tous les échanges qui veulent rester légaux aux États-Unis ou en Europe font la même chose. Ce qui est différent, c’est que dYdX prétend être décentralisé. Et c’est cette contradiction qui rend le cas si troublant.
Que faire si vous êtes bloqué ?
Si vous êtes bloqué, il n’y a pas de recours. Pas de service client qui vous aidera à débloquer votre compte. Pas de formulaire de demande. dYdX ne fournit pas de processus d’appel. Le blocage est automatique, permanent, et non négociable. Votre seule option est d’exporter votre phrase de récupération et d’utiliser un portefeuille non lié à dYdX pour accéder au protocole via une autre interface - mais même cela peut être risqué. Si le protocole est mis à jour pour intégrer des vérifications géographiques directement sur la blockchain, même cette solution pourrait disparaître.
La seule chose que vous pouvez faire : vérifier régulièrement les conditions d’utilisation de dYdX. Les listes de pays bloqués changent. Un pays peut être retiré de la liste un jour, et ajouté le lendemain. Ce n’est pas une politique stable. C’est une réaction aux pressions politiques.
Les alternatives : vraiment décentralisées
Si vous voulez un vrai échange décentralisé - sans blocage géographique - dYdX n’est pas la bonne solution. Des protocoles comme Uniswap, Curve, ou GMX (dans certaines versions) n’imposent pas de restrictions de pays. Pourquoi ? Parce qu’ils n’ont pas d’interface centralisée. Ils n’ont pas de serveur qui vous bloque. Ils n’ont pas d’entreprise qui doit se conformer aux lois américaines.
Vous utilisez un portefeuille comme MetaMask, vous vous connectez directement au contrat intelligent, et vous tradez. Personne ne sait où vous êtes. Personne ne peut vous bloquer. C’est la vraie décentralisation. Mais il y a un prix : vous êtes seul responsable. Pas de support. Pas de récupération de compte. Pas de garantie. Si vous perdez votre clé, vous perdez tout.
dYdX vous offre la sécurité d’une entreprise. Mais vous payez ce prix en liberté. Les alternatives décentralisées vous offrent la liberté. Mais vous payez ce prix en sécurité.
Le vrai message de dYdX
dYdX n’est pas un échec. C’est une illustration parfaite de la tension entre la finance décentralisée et le système financier traditionnel. Il a réussi à créer un produit techniquement avancé, avec des contrats intelligents performants, des marchés liquides, et une interface fluide. Il a attiré des milliers de traders du monde entier. Mais il a aussi accepté de devenir une partie du système qu’il prétendait remplacer.
La blockchain ne rend pas les institutions invisibles. Elle rend seulement les transactions transparentes. Mais les institutions, elles, restent visibles. Elles s’adaptent. Elles utilisent la technologie pour rester en vie. dYdX est un exemple de cette adaptation. Il n’est pas décentralisé. Il est « régulé par la blockchain ».
Si vous voulez de la liberté, cherchez ailleurs. Si vous voulez de la sécurité, dYdX est un bon choix - mais ne le croyez pas quand il dit qu’il est décentralisé. Il ne l’est pas. Et c’est la vérité la plus importante de toutes.
Pourquoi dYdX bloque-t-il des pays s’il est décentralisé ?
dYdX n’est pas entièrement décentralisé. Bien que ses contrats intelligents soient sur la blockchain, son interface utilisateur, ses systèmes de vérification géographique et ses politiques de conformité sont gérés par des entités centralisées - dYdX Trading Inc. et dYdX Operations Services Ltd. Ces entreprises doivent se conformer aux lois américaines et internationales, comme les sanctions de l’OFAC. Pour éviter des amendes ou un blocage par les banques, elles bloquent les utilisateurs provenant de pays sanctionnés. La décentralisation technique ne protège pas contre la régulation juridique.
Puis-je utiliser un VPN pour accéder à dYdX depuis un pays bloqué ?
Techniquement, oui, vous pouvez utiliser un VPN pour contourner le blocage géographique. Mais c’est une violation des conditions d’utilisation de dYdX. Si vous êtes détecté, votre compte sera mis en mode « fermeture uniquement », puis bloqué définitivement après sept jours. Vous ne pourrez plus accéder à vos positions, à votre historique, ni retirer vos fonds. De plus, vous risquez de violer les lois de votre propre pays en contournant des sanctions internationales. Ce n’est pas une solution sûre - c’est un risque élevé.
Quels pays sont autorisés sur dYdX ?
dYdX est disponible dans plus de 180 pays, mais avec des exceptions claires. Les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, l’Iran, Cuba, la Corée du Nord, la Syrie, la Birmanie, la Crimée, Donetsk et Louhansk sont interdits. Des pays comme la Chine, la Russie, le Japon, la Corée du Sud et le Vietnam sont actuellement autorisés. La liste change selon les sanctions internationales. Il est essentiel de consulter les conditions d’utilisation de dYdX régulièrement, car un pays peut être ajouté ou retiré sans préavis.
Que se passe-t-il si mon compte est bloqué sur dYdX ?
Si votre compte est bloqué, vous ne pouvez plus accéder à votre interface, à vos sous-comptes, ni à votre historique de trading. Vous ne pouvez pas retirer vos fonds via l’application. La seule chose que vous pouvez faire est d’exporter votre phrase de récupération secrète. Avec cette phrase, vous pouvez importer votre clé privée dans un autre portefeuille et accéder à vos fonds directement sur la blockchain - mais vous perdrez toute trace de vos positions ou de vos transactions sur dYdX. Le blocage est permanent et sans appel.
dYdX est-il plus sûr que les autres échanges décentralisés ?
dYdX offre une interface plus conviviale et des marchés plus liquides que la plupart des protocoles purement décentralisés. Mais en termes de sécurité et de liberté, il est moins sûr. Il dépend d’entreprises centralisées qui peuvent vous bloquer à tout moment. Des protocoles comme Uniswap ou GMX ne vous bloquent pas, car ils n’ont pas de serveur central. Vous êtes responsable de votre clé - et personne ne peut vous empêcher d’utiliser le protocole. Le vrai risque sur dYdX n’est pas la technologie - c’est la régulation.
jerome houix
novembre 23, 2025 AT 21:18C'est pas nouveau, mais c'est toujours triste de voir que même dans la DeFi, les gars préfèrent jouer sécurisé que libre. dYdX, c'est un peu comme un café qui dit 'on est bio' mais qui refuse les clients sans carte d'identité. La technologie est là, mais la volonté de vraiment décentraliser, elle, est absente.
On veut la blockchain, pas la banque avec un joli logo.
Lass Diaby
novembre 25, 2025 AT 11:36frankly i dont care if they block me or not… i just want to trade. but when u say decentralised and then block 100+ countries… its just a joke. usa rules the world even on blockchain now. sad but true. i use uniswap now, no problem, no questions asked. no papers, no forms, just trade. 🤷♂️
Patrick Hochstenbach
novembre 26, 2025 AT 15:09Attention à ne pas confondre décentralisation technique et décentralisation organisationnelle. dYdX est techniquement décentralisé sur la chaîne (contrats intelligents, ordres sur L2), mais son interface, sa compliance, ses équipes juridiques et ses serveurs sont 100% centralisés. C’est une hybridation. Il faut arrêter de croire que « blockchain = liberté totale ». La loi américaine s’impose partout où il y a un lien avec des entités basées aux USA. C’est comme si tu achetais un produit chinois avec une carte bancaire américaine : tu es quand même soumis à la loi américaine.
La vraie décentralisation, c’est Uniswap, SushiSwap, ou même les DEX sans interface web centralisée. Pas d’IP tracking, pas de KYC, pas de blocage. Juste du code qui s’exécute.
Sophie Spillone
novembre 28, 2025 AT 02:01OH MON DIEU. JE VIENS DE VOIR QUE LA FRANCE EST AUTORISÉE… MAIS MON PAYS EST SUR LA LISTE NOIRE ?!?!?!!? dYdX est une tromperie marketing de luxe. Ils veulent ton argent, pas ta liberté. Ils te disent « tu es libre » pendant que ton compte est en mode « ferme ta position et dégage ». C’est comme si ton psy te disait « je suis là pour t’aider »… puis te jette dehors parce que tu habites dans un quartier « trop risqué ». J’espère que leur serveur explose un jour. 💥😭
Nicole Flores
novembre 29, 2025 AT 10:27Les Américains ont tout contrôlé. Même les blockchains. Ils ont peur que les gens du tiers-monde fassent du trading sans eux. Alors ils ont créé des lois pour bloquer les pauvres. dYdX ? C’est juste un outil de l’impérialisme financier. Tu crois que la Chine et la Russie sont autorisées ? Parce que ça leur arrange. Ils veulent que les occidentaux soient bloqués, pas les ennemis. C’est un piège. Tu penses être libre avec ta crypto… mais en fait tu es dans une cage dorée avec un logo blockchain.
Nathalie Verhaeghe
novembre 30, 2025 AT 05:10Je trouve que ce post est très bien documenté. 👏
Je voulais juste ajouter un point : même si dYdX bloque géographiquement, le protocole lui-même (le contrat intelligent) reste accessible via d'autres interfaces comme dYdX v4 via RPC direct. Mais bon, c’est technique. Pour la plupart des gens, l’expérience utilisateur est bloquée, donc c’est équivalent. La vraie décentralisation, c’est quand tu n’as pas besoin de « demander la permission » pour utiliser un protocole. Ici, tu demandes la permission… et on te dit non. 😔
Et oui, Uniswap ne te demande pas ton adresse IP. C’est ça la différence. 🌐
Danielle Kempf
décembre 1, 2025 AT 02:59Il est inacceptable que des individus vivant dans des pays sous sanctions puissent accéder à des marchés financiers internationaux. dYdX agit avec responsabilité. Ce n’est pas une question de liberté, c’est une question de respect des lois internationales. Si vous ne voulez pas être bloqué, ne vivez pas dans un pays qui viole les droits de l’homme ou soutient le terrorisme. La blockchain ne doit pas devenir un havre pour les régimes criminels. Ceux qui critiquent dYdX ignorent la gravité des enjeux éthiques.
Elise Barthalow
décembre 2, 2025 AT 19:00je comprends les deux côtés… dYdX est un peu comme un ami qui te dit 'je te protège' mais en fait il te met au coin. je préfère un peu de risque pour avoir la liberté. uniswap c’est comme un bar où personne ne te demande ton passeport. tu rentres, tu bois, tu pars. point. 😊
Sophie Wallner
décembre 4, 2025 AT 04:14Si tu ne comprends pas que dYdX n’est pas décentralisé, tu n’as rien compris à la blockchain. C’est comme acheter un iPhone et dire que c’est un ordinateur open source. Non. C’est un produit de luxe avec un joli logo. 🤦♀️
Monique Wasserman
décembre 4, 2025 AT 19:04La décentralisation n’est pas un slogan marketing. C’est un principe ontologique. dYdX, en tant qu’entité juridique soumise au droit anglo-saxon, constitue une négation épistémologique du paradigme blockchain. Son architecture, bien que techniquement avancée, demeure une superstructure néolibérale qui instrumentalise la technologie pour préserver un ordre financier archaïque. L’usage du terme « décentralisé » est donc une tromperie linguistique, voire une malhonnêteté intellectuelle.
Babette Silber
décembre 5, 2025 AT 12:43HAHAHA dYdX veut nous faire croire qu’il est cool avec sa blockchain… mais il bloque les gens comme si c’était une banque suisse en 1940. 🤡 Et la Chine est autorisée ? Bien sûr ! Parce que les Chinois, eux, payent leurs impôts… et les autres ? Des pauvres. 🇺🇸💪 #DécentraliséMaisPasTrop