Comment le halving affecte les mineurs de Bitcoin

Comment le halving affecte les mineurs de Bitcoin

Le halving du Bitcoin n’est pas une simple mise à jour logicielle. C’est un choc économique brutal pour les mineurs, qui voient leur revenu fondre de moitié sans prévenir. Chaque quatre ans environ, après la validation de 210 000 blocs, la récompense pour miner un nouveau bloc est divisée par deux. Le dernier halving, le 20 avril 2024, a fait passer la récompense de 6,25 BTC à 3,125 BTC par bloc. Pour un mineur qui produisait 10 BTC par jour avant, il en produit désormais 5. C’est une baisse immédiate de 50 % de ses revenus, sans aucune compensation automatique.

Le choc des revenus : de quoi vivent les mineurs ?

Avant le halving de 2024, les récompenses en blocs représentaient 98 % des revenus des mineurs. Les frais de transaction n’étaient qu’un petit complément. Après le halving, cette proportion est restée presque inchangée - les frais n’ont augmenté que légèrement, à environ 5 % du total. Cela signifie que la majorité des mineurs dépendent presque entièrement des récompenses en BTC. Quand celles-ci sont divisées par deux, leur business model explose.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En mai 2024, Bitdeer a vu sa production de Bitcoin chuter de 31 %, Marathon Digital de 28 %, et Iris Energy de 25 %. Ces baisses ne viennent pas d’une perte de puissance de calcul. Elles viennent directement de la réduction de la récompense. Même si les mineurs continuent de travailler avec la même puissance, ils reçoivent la moitié de ce qu’ils recevaient avant. C’est mathématique. Et ce n’est pas une tempête passagère - c’est une nouvelle réalité quotidienne.

Le tri des mineurs : qui survive, qui disparaît ?

Le halving n’est pas un égalisateur. C’est un tri sélectif. Les mineurs qui paient plus de 0,08 $ par kWh pour leur électricité se retrouvent en difficulté. Pour eux, le prix du Bitcoin doit monter au-delà de 50 000 $ pour qu’ils restent rentables. Ceux qui paient 0,04 $ ou moins peuvent encore survivre avec un Bitcoin à 35 000 $. La différence entre 0,02 $ et 0,10 $ par kWh peut décider de la survie d’une entreprise entière.

Des mineurs ont réagi en déplaçant leurs fermes vers des zones avec de l’énergie gratuite ou quasi-gratuite : des barrages hydroélectriques au Canada, des sites de gaz naturel gaspillé au Texas, ou des parcs éoliens en Islande. Un mineur sur Reddit, « HashRateHero », a transféré ses 1 000 ASIC sur un site de gaz naturel où l’électricité coûte 0,015 $ le kWh. Il est toujours en activité. Un autre, « MiningGuru87 », a dû arrêter 40 % de ses machines parce que son coût d’électricité dépassait 0,07 $ - son seuil de rentabilité est passé de 28 000 $ à 49 000 $ en une nuit.

Les petits mineurs, ceux avec des machines anciennes, des coûts d’énergie élevés ou peu de capital, ont été éliminés. Ceux qui avaient des réserves, des contrats d’énergie à long terme, ou des accords de partage de chaleur avec des data centers, ont survécu. La consolidation s’est accélérée : 12 grandes entreprises ont fusionné ou été rachetées pour 1,2 milliard de dollars dans les six mois suivant le halving. Le marché des mineurs est devenu un jeu de géants.

Deux fermes de minage : une efficace avec refroidissement liquide, l'autre en déclin, comparées par des valeurs de coût énergétique en style Bauhaus.

Les nouvelles stratégies : devenir plus efficace ou mourir

Avant le halving, un ASIC comme l’Antminer S19 pouvait durer deux ans. Après, sa durée de vie est tombée à 14 mois. Pourquoi ? Parce que les mineurs doivent constamment remplacer leurs machines par des modèles plus efficaces. Une machine qui consomme 20 % moins d’énergie peut faire la différence entre le profit et la faillite.

Les entreprises les plus avancées adoptent des technologies radicales. Iris Energy, par exemple, a installé un système de refroidissement par immersion - ses ASIC sont plongés dans un liquide isolant qui retire la chaleur 10 fois plus efficacement que l’air. Cela a augmenté son efficacité de 18 %, lui permettant de rester rentable même à 32 000 $ le Bitcoin. D’autres ont commencé à vendre leurs anciens équipements pour financer de nouveaux achats. Certains ont même signé des contrats avec des entreprises d’intelligence artificielle pour louer leur puissance de calcul inutilisée. Iris Energy a conclu un contrat de 200 millions de dollars avec un start-up d’IA pour utiliser ses fermes en dehors des heures de minage.

Les pools de minage comme F2Pool et Foundry USA ont publié des guides complets pour aider les mineurs à survivre : optimiser les contrats d’énergie, utiliser des systèmes DC pour réduire les pertes de conversion, participer à des programmes de réduction de charge sur le réseau électrique. Les mineurs passent désormais 35 % plus de temps à étudier leur consommation énergétique qu’avant le halving. Ce n’est plus un métier de technicien - c’est un métier de gestionnaire financier et d’ingénieur énergétique.

La sécurité du réseau : un risque caché

Chaque mineur qui quitte le réseau diminue la puissance de calcul totale, appelée hash rate. Après le halving de 2024, le hash rate a chuté de 20 % en quelques semaines. Il a rebondi, mais reste à 92 % de son pic. C’est une baisse significative. Pourquoi cela compte-t-il ? Parce que la sécurité du Bitcoin dépend de la puissance collective des mineurs. Plus il y a de puissance, plus il est difficile pour un attaquant de contrôler 51 % du réseau pour voler des transactions ou bloquer des paiements.

L’expertise de LSEG met en garde : si le prix du Bitcoin ne monte pas pour compenser la baisse des récompenses, la réduction du nombre de mineurs pourrait rendre le réseau plus vulnérable. C’est une tension silencieuse. Les mineurs doivent être rémunérés assez pour rester, sinon la chaîne perd sa résilience. C’est un équilibre délicat entre déflation, sécurité et incitation.

Une chaîne Bitcoin en construction où des mineurs remplacent les récompenses par des briques plus petites, avec des systèmes de refroidissement et de location de puissance.

Le futur : vers les frais de transaction ?

À long terme, les récompenses en blocs vont continuer à diminuer. Le prochain halving, prévu en août 2028, réduira la récompense à 1,5625 BTC. En 2032, elle tombera à 0,78125 BTC. À ce rythme, les frais de transaction devront représenter au moins 35 % des revenus des mineurs pour maintenir la sécurité du réseau. C’est un grand « si ». Est-ce que le Bitcoin verra assez de transactions pour générer ces frais ?

Les BRC-20, les jetons inscrits sur le Bitcoin, ont déjà montré un petit espoir : en mai 2024, les frais liés à ces inscriptions ont augmenté de 37 % en un mois, contribuant à 6,8 % des revenus totaux des mineurs - contre 3,2 % avant. Ce n’est pas encore suffisant, mais c’est un signal. Si les utilisateurs commencent à payer pour envoyer des données, des NFT, ou des microtransactions sur Bitcoin, les frais pourraient devenir une source durable. Mais cela suppose une adoption massive. Pour l’instant, les mineurs vivent toujours sur les récompenses.

Qu’attendre du prochain halving ?

Le cycle est clair : avant le halving, les mineurs s’empressent d’acheter de nouvelles machines et d’augmenter leur puissance. Pendant le halving, la production chute, les coûts s’affichent en rouge, et les faibles disparaissent. Après, les plus résilients s’adaptent, les prix remontent, et la puissance du réseau se reconstruit. Le halving de 2024 a montré que la seule chose qui compte, c’est l’efficacité énergétique. Celui qui paie le moins pour son électricité, qui utilise la meilleure technologie, et qui a les fonds pour attendre, gagne.

Le Bitcoin ne s’effondre pas avec le halving. Il se purifie. Il élimine les faibles, force l’innovation, et redéfinit la rentabilité. Ceux qui pensent que le halving est un événement financier sont dans l’erreur. C’est un événement industriel. Et pour les mineurs, il n’y a pas de deuxième chance. Soit vous devenez plus efficace, soit vous disparaîtrez.

Qu’est-ce que le halving du Bitcoin ?

Le halving du Bitcoin est un événement programmé qui réduit de moitié la récompense en BTC que les mineurs reçoivent pour valider un bloc. Cela se produit environ tous les quatre ans, après 210 000 blocs minés. Le dernier a eu lieu le 20 avril 2024, passant de 6,25 BTC à 3,125 BTC par bloc.

Pourquoi le halving affecte-t-il les mineurs ?

Parce que les récompenses en blocs représentent jusqu’à 98 % des revenus des mineurs. Quand cette récompense est divisée par deux, leurs revenus chutent immédiatement. Sans une hausse du prix du Bitcoin ou une augmentation des frais de transaction, beaucoup deviennent non rentables.

Quel est le coût d’électricité critique pour rester rentable après un halving ?

Les mineurs payant moins de 0,04 $ par kWh peuvent rester rentables avec un Bitcoin à 35 000 $. Ceux qui paient plus de 0,08 $ par kWh ont besoin d’un prix supérieur à 50 000 $ pour survivre. La différence de 0,04 $ par kWh peut faire la différence entre la survie et la faillite.

Quels sont les signes qu’un mineur est en danger après un halving ?

Les signes incluent : l’arrêt de machines, la vente d’équipement, la fermeture de fermes, ou la recherche de financement d’urgence. Les mineurs qui ne peuvent pas réduire leurs coûts énergétiques ou qui n’ont pas de réserves en cash ou en stablecoins risquent de faire faillite dans les six mois suivant le halving.

Le halving rend-il le réseau Bitcoin moins sûr ?

Temporairement, oui. Après chaque halving, le hash rate chute de 15 à 30 %, ce qui réduit la sécurité du réseau. Mais historiquement, le réseau se rétablit en 6 à 12 mois. Le risque persiste seulement si le prix du Bitcoin reste bas trop longtemps, ce qui empêche les mineurs de revenir.

Quelle est la prochaine étape pour les mineurs après le halving de 2024 ?

Les mineurs doivent se concentrer sur trois choses : réduire leur coût d’électricité, adopter des technologies plus efficaces (comme le refroidissement par immersion), et diversifier leurs revenus (en louant leur puissance à des entreprises d’IA ou en utilisant des contrats d’énergie flexible). Ceux qui ne le font pas ne survivront pas au prochain halving.