Interdiction complète de la crypto en Chine : ce que cela signifie pour les détenteurs de Bitcoin

Interdiction complète de la crypto en Chine : ce que cela signifie pour les détenteurs de Bitcoin

En 2021, la Chine a effacé presque toute activité liée à la crypto de son sol. Pas de bourse, pas de minage, pas de transactions bancaires. Rien. Et en 2026, cette interdiction est toujours en vigueur - plus stricte, plus surveillée, et plus difficile à contourner qu’avant. Pour les détenteurs de Bitcoin en Chine, ou pour ceux qui ont des actifs liés au pays, cette politique n’est pas une simple règle : c’est un mur infranchissable. Et ce mur a des conséquences réelles, même pour ceux qui pensent avoir trouvé un moyen de passer à travers.

Comment la Chine a fermé la porte à la crypto

Ce n’est pas un coup de poing soudain. C’est une série de coups portés avec précision. En 2013, la Chine a d’abord déclaré que le Bitcoin n’était pas une monnaie légale - juste une « marchandise virtuelle ». Ce n’était pas encore une interdiction, mais ça en était le début. En 2017, elle a fermé toutes les bourses locales. Les plateformes comme Huobi et OKEx ont dû déménager à Malte, à Singapour, ou à l’étranger. En 2021, le comité de stabilité financière du Conseil d’État a lancé une directive claire : « Écraser les activités de minage et de trading de Bitcoin. » Le minage, en particulier, a été visé comme une menace énergétique. La Chine produisait plus de 70 % du hash rate mondial en 2020. En 2021, elle a coupé l’électricité aux fermes de minage du Xinjiang, du Sichuan, et de la Mongolie intérieure. Les mineurs ont été forcés de vendre leurs machines ou de les déplacer à l’étranger. Certains ont payé des millions pour démonter et expédier leurs équipements en Géorgie, au Kazakhstan, ou au Texas. Ce n’était pas une répression : c’était une évacuation forcée. Aujourd’hui, toute entreprise qui propose un service lié à la crypto - même un simple site web qui affiche des prix de Bitcoin - peut être sanctionnée. Les banques ne peuvent pas ouvrir de comptes pour des portefeuilles crypto. Les paiements par QR code liés à la crypto sont bloqués. Les plateformes comme WeChat Pay et Alipay surveillent les transactions pour détecter des signaux de crypto. Si vous essayez d’envoyer de l’argent à une bourse étrangère, votre compte peut être gelé.

Les détenteurs de Bitcoin en Chine : entre légalité et clandestinité

La loi dit que posséder du Bitcoin est illégal. Mais en réalité, beaucoup en ont encore. Selon des rapports de la Banque populaire de Chine en 2024, environ 1,2 million de Chinois possèdent encore des actifs crypto, même si la plupart les gardent hors des systèmes bancaires. Ils les stockent sur des portefeuilles matériels, comme Ledger ou Trezor. Ils les échangent via des P2P (peer-to-peer) sur des applications comme LocalBitcoins ou des groupes Telegram. Mais chaque transaction est risquée. Le ministère de la Sécurité publique surveille les mouvements d’argent suspects. Si vous avez transféré 50 000 yuans à un étranger en une semaine, vous pouvez être appelé pour un « entretien informel » - un euphémisme pour une interpellation. Les banques sont obligées de signaler tout transfert vers des plateformes étrangères, même si ces plateformes sont hors de Chine. Et si vous êtes identifié comme détenteur de crypto, vous ne pouvez plus ouvrir un compte bancaire, obtenir un prêt immobilier, ou même acheter un billet d’avion en ligne sans être scrutiné. Le pire ? Il n’y a aucune protection légale. Si vous êtes escroqué sur une plateforme P2P, si votre clé privée est volée, ou si quelqu’un vous force à vendre votre Bitcoin sous la menace, vous ne pouvez pas porter plainte. La justice chinoise ne reconnaît pas les actifs crypto comme propriété légale. Vous êtes seul. Sans recours. Sans aide. Un yuan numérique centralisé contrôlé face à un Bitcoin qui disparaît, en style géométrique Bauhaus.

Le yuan numérique : la véritable arme de la Chine

Ce n’est pas une coïncidence si la Chine a lancé son propre yuan numérique (e-CNY) en 2020. C’est la réponse officielle à la crypto. Pas une alternative : une suprématie. Le e-CNY est contrôlé à 100 % par la Banque populaire de Chine. Chaque transaction est traçable. Chaque utilisateur est identifié. Chaque montant peut être gelé ou limité par le gouvernement. Contrairement au Bitcoin, qui est décentralisé, le yuan numérique est un outil de contrôle. Il permet au gouvernement de surveiller les dépenses des citoyens, de bloquer les paiements à des entreprises « indésirables », ou d’imposer des restrictions géographiques - par exemple, empêcher les achats en ligne pendant les fêtes du Nouvel An si les dépenses dépassent un seuil. Les autorités chinoises le présentent comme une modernisation du système financier. Mais pour les détenteurs de Bitcoin, c’est une déclaration de guerre : la Chine veut le contrôle total, pas la liberté. Elle n’acceptera jamais une monnaie que personne ne peut surveiller. Le Bitcoin, par nature, est incompatible avec ce modèle. C’est pourquoi la Chine ne lèvera jamais son interdiction. Elle ne veut pas de décentralisation. Elle veut de la centralisation - absolue.

Les rumeurs de 2025 : une désinformation organisée

En 2025, des rumeurs ont circulé sur X (anciennement Twitter) et Telegram : la Chine allait lever son interdiction. Des comptes comme FirstSquawk, PolyMarket, et même des profils qui prétendaient être de grands fonds ont partagé des « fuites » de documents officiels. Tous étaient des faux. Les documents étaient des montages. Les sources, inexistantes. Ces rumeurs n’étaient pas des erreurs. C’étaient des campagnes. Des bots, des influenceurs payés, et des comptes créés spécifiquement pour faire monter la volatilité du Bitcoin. Quand la rumeur a circulé, le prix a grimpé de 18 % en 24 heures. Puis, quand la vérité est sortie, il a chuté de 22 %. Ce n’était pas du hasard. C’était du manipulation de marché. Et la Chine n’a jamais eu besoin de lever son interdiction pour que les spéculateurs paient le prix fort. Ces campagnes existent depuis 2016. Chaque année, les mêmes rumeurs reviennent. Chaque fois, elles profitent à ceux qui vendent à la hausse. Et chaque fois, les détenteurs de Bitcoin en Chine, eux, restent coincés - entre la loi et la réalité. Un échange clandestin de Bitcoin contre espèces dans une ruelle, sous l'œil de drones géométriques.

Que faire si vous avez du Bitcoin en Chine ?

Si vous êtes un résident chinois et que vous détenez du Bitcoin, vous avez trois options - et aucune n’est parfaite.
  • Conserver les actifs en hors-ligne : gardez vos clés privées sur un portefeuille matériel, hors du réseau. Ne les connectez jamais à un appareil connecté à Internet en Chine. Ne les mentionnez jamais dans vos déclarations fiscales ou bancaires. C’est la méthode la plus sûre, mais aussi la plus risquée : si vous perdez la clé, vous perdez tout. Et personne ne vous aidera.
  • Échanger via P2P : utilisez des plateformes comme LocalBitcoins ou des groupes Telegram pour vendre vos Bitcoin contre du cash. Mais attention : les vendeurs sont souvent des escrocs. Les acheteurs peuvent être des policiers. Les transactions sont illégales, et les risques sont élevés. Ne faites jamais de transferts vers des comptes bancaires chinois.
  • Quitter le pays : si vous avez les moyens, déplacez-vous dans un pays où la crypto est légale - Thaïlande, Émirats, Portugal, ou même les États-Unis. Là, vous pouvez ouvrir un compte sur Coinbase, Kraken, ou Binance. Mais ce n’est pas une solution pour la plupart. Les visas sont chers. Les restrictions de sortie sont strictes. Et même en partant, vous ne pouvez pas emporter votre argent librement : les autorités chinoises limitent les transferts à 50 000 yuans par an.

Le futur : une interdiction permanente ?

Certains analystes disent que la Chine pourrait un jour autoriser des bourses contrôlées, comme un « Bitcoin officiel » surveillé par l’État. Mais c’est improbable. Pourquoi ? Parce que cela contredirait l’essence même du Bitcoin : la décentralisation. Le gouvernement chinois ne veut pas de monnaie qu’il ne contrôle pas. Il veut un système où chaque yuan est traçable, chaque paiement autorisé, chaque mouvement surveillé. Le e-CNY est l’avenir. Le Bitcoin, lui, est un obstacle. Et les obstacles, en Chine, sont éliminés - pas négociés. En 2026, la situation ne changera pas. Les détenteurs de Bitcoin en Chine restent dans l’ombre. Les mineurs sont partis. Les bourses sont fermées. Les banques ne parlent pas. Et la police regarde. Le Bitcoin existe toujours - mais en Chine, il n’a plus de place. Il n’a plus de voix. Il n’a plus de légitimité. Il n’est qu’un souvenir. Un actif fantôme. Et pour ceux qui le détiennent encore, c’est une bombe à retardement. Pas parce qu’il va perdre de la valeur. Mais parce qu’un jour, un jour où vous ne vous y attendez pas, les autorités viendront frapper à votre porte. Et vous n’aurez aucun droit de dire non.

Est-ce que posséder du Bitcoin est illégal en Chine en 2026 ?

Oui. La loi chinoise interdit formellement l’achat, la vente, le minage et l’échange de Bitcoin et de toute autre crypto-monnaie. Même la simple possession n’est pas protégée par la loi. Les autorités ne poursuivent pas les particuliers pour simple détention, mais elles ne reconnaissent pas non plus ce que vous détenez comme une propriété légale. Si vous êtes découvert, vous risquez des sanctions administratives, la fermeture de vos comptes bancaires, ou une enquête pour blanchiment d’argent.

Pourquoi la Chine interdit-elle le Bitcoin mais développe-t-elle son propre numérique ?

Le Bitcoin est décentralisé : personne ne le contrôle. Le yuan numérique (e-CNY), lui, est entièrement contrôlé par la Banque populaire de Chine. Le gouvernement veut les avantages de la technologie blockchain - rapidité, traçabilité, efficacité - sans perdre le pouvoir de surveiller, de bloquer ou de limiter les transactions. Le Bitcoin menace ce contrôle. Le e-CNY le renforce.

Les Chinois peuvent-ils encore acheter du Bitcoin sur des plateformes étrangères ?

Techniquement, non. La loi interdit aux plateformes étrangères de servir des résidents chinois. Mais en pratique, beaucoup le font encore via des VPN et des transferts P2P. Cependant, les banques surveillent ces transactions. Si vous utilisez un compte chinois pour acheter du Bitcoin sur Binance ou Coinbase, votre compte peut être gelé. Les risques sont élevés, et les sanctions possibles, sévères.

Que se passe-t-il si je suis arrêté pour avoir du Bitcoin en Chine ?

Vous ne serez pas emprisonné pour simple possession. Mais vous pourriez être convoqué par la police pour un « entretien ». Vos comptes bancaires pourraient être gelés. Votre identité pourrait être ajoutée à une liste de « risques financiers ». Si vous êtes impliqué dans des transferts importants ou des activités de minage, vous pourriez être accusé de blanchiment d’argent - ce qui est un crime pénal. La peine peut aller jusqu’à 10 ans de prison.

Les mineurs de Bitcoin en Chine ont-ils été complètement éradiqués ?

Oui. En 2021, la Chine a fermé 95 % de ses fermes de minage. Les dernières installations, souvent cachées dans des usines ou des tunnels, ont été démantelées d’ici 2023. Aujourd’hui, la Chine ne produit plus que 0,3 % du hash rate mondial. Les machines ont été vendues à l’étranger ou détruites. Même les petits mineurs à domicile ont été forcés d’arrêter. Il n’y a plus de minage légal en Chine.